
Le manuel du doreur · I
Le cœur du métier : redonner aux apprêts, à l'agate et au fer, toute la finesse de l'ornement avant la pose de la feuille d'or.
La réparure désigne l'ensemble des opérations qui, sur les apprêts secs, redessinent et affinent l'ornement avant la dorure. C'est elle qui distingue une dorure d'apparat d'une simple application de feuille.
Après l'application des couches d'apprêt et leur ponçage, le décor sculpté a perdu de sa netteté : les arêtes se sont arrondies, les creux se sont comblés. Le doreur intervient alors aux fers à reparer pour recreuser les fonds, retracer les nervures, rendre vie aux acanthes, aux raies-de-cœur, aux perles et aux rinceaux. Ce travail patient, mené à la lumière rasante, conditionne tout l'éclat final de l'or.
Pour faire vibrer l'or et accrocher la lumière, le doreur travaille différents jeux de fonds dans les apprêts. Chacun produit un grain, un rythme, une matière propres :
La reparure est un art exigeant, longtemps demeuré confidentiel. Bruno Toupry a consacré à son histoire une conférence donnée au congrès de la Society of Gilders, sensibilisant les doreurs à ce sujet merveilleux. C'est aussi l'un des cœurs de l'enseignement dispensé au pôle de transmission de l'atelier.
Pour aller plus loin dans la technique, découvrez les deux étapes qui l'encadrent : la préparation des supports et l'entretien des outils.